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vendredi 14 septembre 2012

Héroïsme inutile #2





« Demain

Le jour aura

Un petit goût de regret
Qu'il faudra faire passer »

Frédéric Rose



Aujourd’hui, je ne vais rien t’apprendre. D’aucun dirait que je ne t’ai jamais rien appris, là n’est pas la question. 
Aux heures où l’on se laisse facilement déborder par tout ce qui est neuf, prenons un instant pour nous arrêter sur l’Avant. 



mercredi 18 juillet 2012

Héroïsme Latent

This is a Public Service Announcement, on a été pas mal occupés.
On ne va rien t'apprendre Internet, la vie va vite quand on essaye de se la jouer IRL, entre les partiels et les vacances, on a été gâtés niveau faille temporelle.
Yann et moi on a eu pas mal de trucs à fêter et pas mal de jours à passer en terrasse, parce que, fuck it les gars, c'est les vacances d'été, mais on est encore là, et on ne va pas vous lâcher pour si peu.

Je vais pas vous faire du gros teasing, mais il va bien être question d'être héroïque, on va vous parler film, musique, bouquin comme on a toujours fait, et Yann à promis de lâcher un billet sur les raisons qui peuvent pousser un jeune-homme à peu près sain d'esprit à regarder Plus Belle La Vie. Bref, on va revenir grands et forts, aussi cool et inutiles qu'on l'a toujours été, parce qu'être Héroïque, c'est aussi ça : faire du rien grandiloquent, poser des actes gratuits juste parce qu'on ne nous a pas demandé de le faire.

En attendant je vous laisse avec Adventures in your own backyard des délicieux Patrick Watson, le vrai pur héroïsme quotidien.


vendredi 1 juin 2012

Cinétisme #4 - Cosmopolis

C'est un film que beaucoup détesteront et c'est dommage parce qu'il ne le mérite pas. Même venant des fans de la filmo de Cronenberg déçus par ce dernier opus. À peine de la part des fans de Twilight venues voir les derniers prouesses de Rob [Pattinson].


Voilà. Vous avez aimé le teaser ? C'était sombre, haletant, sec, nerveux, effréné, mystérieux ? Ça faisait envie ? Maintenant, il faut oublier tout ça car le film est quasiment antithétique du teaser. Depuis son dernier film (A Dangerous Method), Cronenberg s'est fait un spécialiste de la bande-annonce non contractuelle. Alors que cette dernière est rythmée et pleine d'une apparente action, le film est plutôt bavard et ennuyeux. 

Pourtant j'ai relativement aimé Cosmopolis. Odyssée en limousine, le film laisse perplexe, on ne peut pas mentir, mais il oppresse. Ici, le choix du réalisateur de coller au roman de Don DeLillo ne facilite pas les choses, surtout pour la compréhension. Pourtant, il me semble qu'on doit accepter cette relative incompréhension, ce propos décousu, relativement convenu, finalement assez absurde. En effet, ce que je pourrais le plus reprocher au film, c'est son fond. Une certaine évidence des propos alarmistes sur le capitalisme (à l'heure où les films sur la crise se multiplient), une confrontation finale qui n'ajoute aucun intérêt au film, et qui est même passablement interminable.   
Une fois accepté le tournant pris par Cronenberg dans son cinéma, le film dévoile ses atouts. Cette limousine qui se meut à la vitesse d'un piéton, elle captive. Autant que son passager, elle est un symbole du capitalisme, pesante, avançant tranquillement mais surement dans un New-York en ébullition. Malgré les outrages, le soir elle rentre au garage pour que le lendemain recommence le même manège. Cette limousine, qui va si lentement, alors que l'un des moments les plus intéressants du film parle justement de l'inversion du rapport au temps, à ce temps qui s'accélère. Cette limousine qui occupe les trois quarts du film, personnage à part entière, signe extérieur de richesse, de la domination de la classe capitaliste, elle montre qu'une classe dirigeante ne peut jamais tout à fait s'écrouler. Et puis, ce silence, absolu, sans aucun bruit de l'extérieur. Cette limousine, c'est elle, l'instrument premier de l'opression du spectateur. 

Et puis, il y a Rob. Je n'ai vu aucun Twilight, je partais donc vierge d'a priori. A mon sens Cronenberg joue parfaitement sur son passé de vampire, mais Pattinson a vraiment quelque chose de plus. Un vrai magnétisme. Il se détache vraiment du reste du casting, passable, lui. Avec un Giamatti lourdingue, une petite-amie inutile, une Binoche à l'agonie quand elle jouit et un Amalric plus qu'anecdotique, cet aspect du film n'est vraiment pas brillant. Pattinson se détache, magnétique et venimeux. Parfait golden boy capricieux et fasciné par la mort. Prototype du trader et de son autodestruction. Celui-ci parvient, et il est le seul, à donner corps au film, à lui donner ses rares moments de grâce. À l'image de ce face-à-face avec son ami d'enfance qui vient lui apprendre la mort de son rappeur soufi préféré. 


Malgré quelques atouts indéniables, on peut reprocher à Cosmopolis son manque de chair. D'une absurdité peut-être trop appuyée, le film semble rejeter toute volonté de didactisme pour emporter le spectateur dans un tourbillon de langage. Je pense que Cronenberg ne s'est pas vraiment perdu,  il s'est engagé dans un vrai processus de transformation de son cinéma, et cela mérite une attention accrue.


dimanche 27 mai 2012

Héroïsme nocturne #2

Plongeons-nous dans le sein du tombeau, fuyons l’empire de la lumière ; la douleur orageuse est le signe de notre départ, et nous pouvons, avec notre nacelle étroite, toucher bientôt aux bords du ciel. Bénie soit l’éternelle nuit ! Béni soit l’éternel sommeil ! Le jour fut assez chaud, le chagrin nous a flétris, la joie de l’étranger n’était pas pour nous ; retournons auprès de notre père. Et que faire dans ce monde avec notre amour et notre constance ? Le passé est derrière nous, que nous importe le présent ! Oh ! il doit être toujours seul et triste, celui qui aime le temps passé ; le temps passé où le cœur s’élevait pur comme la flamme, où l’homme reconnaissait la main et le visage de son père ; le temps passé où la race humaine se montrait dans Sa fleur, où les enfuus aspiraient aux tortures pour atteindre l’empire du ciel, où, résistant aux séductions de la vie et du plaisir, plus d’un cœur se brisait pour l’amour de son Dieu ; le temps passé où Dieu se révélait à nous : ce temps-là est maintenant voilé par l’obscurité ; il faut que nous retournions dans notre patrie pour le revoir. Qui donc pourrait s’opposer à notre retour ? Ceux que nous avons le plus aimés, dorment depuis long-temps ; leur tombeau arrête le cours de notre vie, nous n’avons plus rien à chercher, notre cœur est las, et le monde est vide. Une vague et mystérieuse apparition nous vient, il me semble entendre de loin un écho de notre tristesse. Nos bien-aimés désirent nous revoir et nous envoient une manifestation de leurs désirs : allons donc à notre fiancée, allons à Jésus. Le crépuscule du soir luit à ceux qui aiment et qui pleurent : c’est un rêve qui rompt nos liens, c’est un rêve qui nous ramène à notre père.

Hymnes à la nuit (extrait) - Novalis


Wooden arms - Patrick Watson 


mardi 3 avril 2012

Héroïsme inutile #1



À l'heure où je t'écris le type que je déteste le plus est revenu dans mon champ de vision, celui que j'aimais bien m'a friendzonné la semaine dernière, les partiels reviennent et l'angoisse avec. Avant que mon cerveau ne fonde dans ce tourbillon que la vie a méthodiquement orchestré autour de moi, je te laisse une mixtape qui rime avec tout ça. Tristesse, deception, folie douce, morosité, réconciliation.





Tracklist :

. Midnight Swim - Javier Navarrete (in l'excellent OST de Cracks, on aura l'occasion d'en reparler)


. Je suis venu te dire que je m'en vais - Rufus Wainright (perle in From Gainsbourg to Lulu, l'album assez discutable du dit Lulu Gainsbourg)

. You learn - Jon Brion (in l'OST du film I <3 Huckabees)

. Mystery Train - Nobuo Uematsu (Perfection au violon dissonant, in l'OST de Final Fantasy VI)

. My Body is a cage - Arcade Fire (in Neon Bible, est-il encore besoin de le préciser ?)

. The coming of the plague (acoustic version) - Eagle Seagull (in The Year of the How-To Book)

. I have nothing - Noah and the Whale (in The First Days of Spring)

. Nuage Noir - Benjamin Biolay (in l'OST de Clara et Moi)



samedi 24 mars 2012

Mélodisme #2 - Breton, Other People's problem



Breton, ce sont les Londoniens qui ont enflammé la blogosphère l’année dernière avec leur maxi Counter Balance et ont joliment récidivé depuis avec le Blanket Rule EP.
On se demandait ce que donnerait l’album et si l’excitation que procurait passeraient le cap de l’album, il n’y a plus de doute possible, Breton nous offre un disque brillant, délicieux, qui oscille entre tout ce qui pourrait nous plaire pour se glisser dans la catégorie des choses ce qui nous rendent amoureux.

Prenant leur nom chez le surréaliste André Breton, le groupe s’inscrit dans une démarche bien particulière alliant à la musique les préceptes d’écriture automatique, nous livrant des morceaux tangents, entre éléctro, hip-hop, pop, indé. Rassemblant dans chaque titre, collage miniature, un petit quelque chose d'inattendu, arrivé presque par hasard, ici on notera les claviers empruntés à Sigur Rós lors de l’enregistrement en Islande.

Ce mélange de saveurs intrinsèque à chaque morceau se retrouve pour définir l’ensemble qu’est le disque. Se rapprochant tantôt de Foals ou d’Animal Collective, Breton sait dépasser ses influences pour créer du neuf, de l'inattendu, et surtout du franchement plaisant. 

En attendant, allez vous imprégner de leur univers en écoutant le  BLANKET RULE - EP

Other People’s problem sort le 26 Mars, vous pouvez d’ores et déjà le commander, je vous conseillerai de le faire ici pour profiter de jolis packaging vous permettant d’acheter le vinyle comme le CD, ou les tshirts 

vendredi 9 mars 2012

Héroïsme nocturne #2

Un tel souffle, ne l’ai-je pas puisé au flux des minuits,
pour l’amour de toi, afin que tu vinsses     
un jour ?
Parce que j’espérais apaiser ton visage
par des splendeurs à la force presque intacte,
une fois que dans l’infini de ce que j’en suppose
il reposerait en face du mien.
Sans bruit, de l’espace advenait à mes traits 
afin de suffire au grand regard levé en toi,
mon sang miroitait et s’approfondissait.

Quand à travers la pâle division de l’olivier
la nuit régnait avec plus de force, de toutes ses étoiles,
je me dressais, je me tenais debout et me
renversais en arrière, et recevais la leçon
dont jamais ensuite je n’ai compris qu’elle venait de toi.



Ô quelle forte parole fut semée en moi
pour que si jamais ton sourire advient,
par mon regard je transfère sur toi l’espace du monde.
Mais tu ne viens pas, ou tu viens trop tard.
Jetez-vous, anges, sur ce champ de lin
bleu. Anges, anges, fauchez.


Poèmes à la nuit (extrait) - Rainer Maria Rilke



Tant de nuits - Alain Bashung





lundi 27 février 2012

Propagandisme #1 - Douçe Françe

Cet après-midi, je suis tombé sous le charme. Le printemps étant presque là, j'ai décidé de faire baigner tout le monde dans cet amour duveteux qui m'a saisi. C'était fait pour me plaire, ça venait du cher pays de mon enfance, c'était Douçe Françe (pardon pour ce jeu de mots des plus douteux). Douçe Françe, c'est un rennais se définissant comme faisant de "l'instumental hip-hop". Au sens où sa musique se caractérise par une grande liberté, de nombreux samples, mais toujours avec la rythmiques hip-hop qui sous tend. Une bonne partie de la douceur de cette musique réside d'ailleurs dans les samples. Des samples aussi charmeurs, absurdes,  qu'empreints de références cinématographiques ou autres (et d'un certain snobisme, ce qui n'est pas pour nous déplaire). À l'image par exemple de Doinel, qui en plus de se nommer d'après le personnage phare de Truffaut, est constituée d'extraits des Quatres Cent Coups.




Ces samples ne sont pas rappeler à notre mémoire les ingénieux Ratatat (sample de répliques d'Elephant Man dans Seventeen Years ou de Days of Heaven dans Party with children). Mais aussi, plus récemment ceux du très talentueux (à mon avis, sublime) Nicolas Jaar (Godard dans Être, Tzara dans I Got A). 


Même si j'avoue que c'est ce jeu de références, cette intertextualité transposée à la musique qui me plaît énormément, la musique de Douçe Françe n'est pas que cela. C'est une musique inventive, riche d'influences diverses qui ressortent parfois dans les titres (Indian ou Greek Flavours, 7 bits) et surtout, surtout, c'est (et cela fait l'analogie avec Nicolas Jaar), une musique toujours très planante (et dieu comme je déteste ce mot). 





Donc, si ça vous tente, le soundcloud est ici et une interview de l'artiste est ici

mardi 14 février 2012

Cinétisme #3 - Un SMS à la mer

Je comptais pas vraiment livrer mon ressenti sur Une bouteille à la mer (de Thierry Binisti), film dispensable dans l'absolu, mais puisque j'ai été amené à le donner à une amie, je publicise ça ici.