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mardi 22 novembre 2011

Opportunisme #1 - Ouverture

Donc, autant s'offrir un petit digest des derniers concerts de la ville ligérienne pour commencer. Pas anodins ces concerts, puisqu'ils prenaient tous place à Stéréolux, la salle qui remplace l'Olympic. Il fallait donc ravir une place dans nos coeurs, challenge difficile. Nous, on voulait de la musique, de la jouissance, des tympans percés et des cascades de cérumen. 


     Premier concert, le Festival des Inrocks (05/11/11), une date toujours attendue avec une certaine impatience puisque c'est l'occasion de voir nos groupes -pas encore trop connus- préférés. 
Bref, on arrive dans la place, on veut en avoir plein les mirettes, et on est pas déçu par la salle. Certes l'Olympic, c'était un peu mythique, mais plus tout neuf non plus. Là, dans la salle Maxi, c'est plus grand, plus neuf, plus beau surtout. Mais on attend l'acoustique pour donner notre pouce. 


Premier groupe de la soirée, La Femme. Groupe un peu hype par excellence, mais pas groupe creux pour autant (personnellement, Sur la planche me fait toujours penser à Indochine époque Bob Morane, gros gage de qualité). On avait été assez échauffés par leur live à la Cigale quelques jours auparavant dans le cadre du même festival, on avait hâte. Ils arrivent, six jeunes gens, tous blonds platines à faire rougir Diam's. Leur set se déroule tranquillement alternant bonnes surprises (une version assez épique de Françoise) et relatives déceptions (Sur la planche un peu bâclé, peut-être arrivée trop tôt dans le set).  
Bonsoir, on est La Femme. 
Un show assez court (45 minutes) mais où on retrouve toutes les chansons de l'EP,ainsi que certaines tracks entendues en concert (Antitaxi...). On sent la marge de progression importante, mais c'était assez jouissif tout de même.

Deuxième groupe, autre ambiance. Cults, duo new-yorkais. Même longueur de cheveux d'ailleurs pour les deux protagonistes, ce qui rend l'homme un peu weird sur les bords. Le set est cool, il n'emporte pas, mais il chauffe bien. La mise en scène est sympa, projections d'extraits de vieux films en noir et blanc derrière, on regrettera le décalage qu'il y avait parfois avec la musique. Ah si, signe distinctif, la chanteuse a la manie de danser avec sa robe, et c'est très agaçant. J'explique le concept, tenir les deux côtés de sa robe, et essayer de se déhancher, cela donne quelques choses d'assez ridicule, mais tant pis, c'est peut-être cool de faire ça dans le Colorado. 

Pendant qu'on parle d'État américain paumé, le troisième nom de la soirée semble tout droit sortir du Wyoming, malgré son origine anglaise, c'est Laura Marling, surnommée "Boring" par d'aucuns. Et ce qualificatif était mérité. Comme on me l'a fait remarquer, l'album est sympa, mignon, même gentillet (on ira pas jusqu'à dire qu'il est bien) mais alors le live est une catastrophe. Ou plutôt, temporisons, sa place n'était pas ici mais plutôt dans une salle avec des sièges rouges et rembourrés. Rien ne sauve son set à mon goût, même pas ses jolis instruments de musique (contrebasse, violoncelle ...) ni ses changements intempestifs de guitare. Je soupçonne le type chargé de la programmation de détester le quatrième nom de la soirée et d'avoir tenté de flinguer son concert fourbement. 

Quatrième nom, venons-y, c'était la véritable attente de la soirée (avec La Femme, pour moi). C'était donc James Blake


 
  
Je l'attendais un peu like a messiah. Je m'explique, comme beaucoup je mets en concurrence James (Blake) et Nicolas (Jaar), alors qu'ils n'ont pas grand chose en commun sinon l'âge et la musique électronique. J'ai vu Nicolas cet été au Pont du Gard, et si son set était bien, c'était pas fou non plus. Curieusement, je pensais que James allait faire pire. Pas du tout, il met une quinzaine de kilomètres dans la vue de Nicolas. James est accompagné de deux musiciens, et son set est tout bonnement merveilleux. Tout y est. D'abord la musique, sublimée en live avec des versions de CMYK et de I never learnt to share assez ouf dans leur genre. Un mélanges de tous ses EP, même Enough Thunder puisqu'il chantera A case of you. On regretta juste l'absence de Not long now, l'une de ses plus belles chansons à mon avis. Les jeux de lumières étaient également assez parfaits, et par dessus tout, James était beau. Public manifestement très réceptif, des petites anglaises surexcitées derrière moi, on aura même entendu un homme faire part de l'orgasme qui le traversait durant Limit to your love
Point de vue personnel, mais je crois que sa musique trouverait toute sa place dans une église. Un ami avait comparé sa musique à une sorte de gospel, et il me semble que le côté réfléchi de sa musique gagnerait à trouver une dimension plus "spirituelle". En bref, à trouver du corps. On peut se faire une idée de tout ça, .




     Deuxième concert, grosse attente aussi, Metronomy (12/11/11). Je les attendais avec d'autant plus d'impatience que des personnes les ayant vu au cours de festivals m'avaient fait part de leur déception. Le concert étant complet, on s'attendait aussi à une grosse ambiance (ce qui n'était pas vraiment le cas à mon sens). Première partie plus qu'anecdotique, je n'en ai pas vraiment de souvenir net, jusqu'au nom du groupe (ah si, Gross Magic), on attendait surtout les quatres anglais. Mise en place du dispositif, au fond de la scène le portrait des quatre membres du groupes, à la façon de dessin d'enfants (c'était assez moche j'ai trouvé). 


Mais faisons fi de ces considérations, le concert débute. Un plutôt bon set alternant quasiment tous les morceaux de The English Riviera (on regrette juste Corinne) avec parfois de belles versions lives (Some Written) et des morceaux tirés des précédents album, surtout du second (Heartbreaker, Back on the motorway...). A thing for me et Radio Ladio, absolument endiablées, font partie des meilleurs moments du set. Et puis, il y a les membres. Tous assez foufous, Gbenga a la classe, ça se voit ; Joseph transpire d'aisance, et Oscar (mon petit préféré) est hypercool et drôle, il fait un peu le pitre quoi (mais il joue aussi du saxophone). 
C'était un peu court, c'est tout




Et, enfin, dernier concert, The Rapture (18/11/11). On avait plutôt aimé leur nouvel album In the grace of your love et on restait complètement sous le charme de leurs anciens hauts faits (Get myself into it ou Don gon do it, rien que ça), donc on était dans l'expectative là aussi.  
Elle n'a pas séduit grand monde, mais je suis tombé sous son charme aboslu, Planningtorock (la première partie), si bien que c'est surtout ça que j'ai retenu du concert. Bon, son set peut paraître un peu snob, même kitsch, mais c'est une expérience. Ils sont trois sur scène, elle (avec une sorte de blouse en toile de jute), une saxophoniste et un clavier/batterie. Derrière, un écran et des (belles) images, Janine (c'est son nom) étant aussi vidéaste. D'abord, quand elle commence à chanter, on ne sait pas vraiment ce qu'elle est: homme ou femme ? Voix très grave, mélodie suave, saxophone entêtant, le mélange était parfait. On sent bien les influences de The Knife sur certains morceaux (Janine ayant travaillé avec eux sur Tomorrow, in a year). Bref, on aime ou pas, mais on est pas insensible.
Arrive ensuite le groupe-titre de la soirée. Fringants, énergiques. Un chanteur survolté qui semblait kiffer son tee-shirt et un saxophoniste/clavier au déhanché impressionant. L'ambiance était incontestablement là, le public semblant un tantinet plus averti que pour Metronomy (comprendre : connaissant le groupe, pas juste le dernier album). 
Leur set était très bien construit avec d'entrée In the grace of your love et How deep is your love ? en guise de rappel qui semblaient se répondre. De nombreuses vielles chansons aussi, je regrette juste à titre personnel l'absence de Can you find a way ? C'était très (trop) court aussi, mais on peut imaginer que c'est parce que le concert était filmé. 



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