Après nous avoir gratifié d'un premier album époustouflant (A Sufi and a Killer) et d'un EP assez décevant (The Ninth Inning), Gonjasufi revient vers nous avec MU.ZZ.LE.
Celui-là, de 25 minutes en tout et pour tout, s'inscrit dans la tradition de brièveté qui caractérise entre autres Gonjasufi, du moins au niveau des morceaux. Ainsi le titre le plus long de l'album atteint à peine les quatre minutes, à rebours d'une certaine tendance actuelle à l'allongement de ces derniers. Cette brièveté qui pourrait être facteur de déception en ce qu'elle empêcherait de savourer le morceau, dans ses nuances et sur le long terme, ne l'est pourtant pas puisque chaque morceaux de par les inflexions de voix de l'américain et la richesse des samples, collages et autres beats nécessitent de nombreuses écoutes pour être savourés pleinement. En un mot, la brièveté permet de s'attarder. Faisant tourner l'album en boucle dans une sorte d'hypnose.
Muzzle, c'est donc le bâillon, la muselière, à l'image de celle qu'il porte sur l'artwork de l'album et dont il dit qu'elle ne l'empêchera pas de dire la vérité. Sa vérité alors, un tantinet dépressive et désespérée; mais toujours aussi dissemblable de celle des autres. Gonjasufi nous rassure donc sur ses capacités avec la grande déception de son EP et il se place ici clairement de continuité de son album, mais dans une continuité améliorée.
La brièveté, toujours, permet en effet de faire abstraction de la principale critique qu'on pouvait faire (que je faisais) à l'album, à savoir un manque de cohérence. Ici, Gonjasufi réussi à muer incohérence en diversité et transforme ses chansons dépareillées en dix petites pépites. Bien entendu, on retrouve toujours ce qui caractérise l'américain par ailleurs, un son sale (vraiment sale) et une voix (frissonnante), qui, je trouve exprime merveilleusement le désespoir et la violence des émotions. Mais tout cela s'enrichit, des cris d'enfants (l'album a été enregistré en famille), la pluie qui tombe, sa femme qui pose sa voix sur Feedin' Birds (à la tonalité lynchienne assez marquée je trouve). Pour autant, aucune chanson ne se détache d'elle-même (comme pour l'album), et chacun se fera donc sa propre idée. Le rythme, toujours assez lancinant, lorgne même parfois vers le trip-hop. Et je crois que c'est ça qu'il faut retenir de l'album. Lancinant, rêverie lancinante.
Muzzle, c'est donc le bâillon, la muselière, à l'image de celle qu'il porte sur l'artwork de l'album et dont il dit qu'elle ne l'empêchera pas de dire la vérité. Sa vérité alors, un tantinet dépressive et désespérée; mais toujours aussi dissemblable de celle des autres. Gonjasufi nous rassure donc sur ses capacités avec la grande déception de son EP et il se place ici clairement de continuité de son album, mais dans une continuité améliorée.
La brièveté, toujours, permet en effet de faire abstraction de la principale critique qu'on pouvait faire (que je faisais) à l'album, à savoir un manque de cohérence. Ici, Gonjasufi réussi à muer incohérence en diversité et transforme ses chansons dépareillées en dix petites pépites. Bien entendu, on retrouve toujours ce qui caractérise l'américain par ailleurs, un son sale (vraiment sale) et une voix (frissonnante), qui, je trouve exprime merveilleusement le désespoir et la violence des émotions. Mais tout cela s'enrichit, des cris d'enfants (l'album a été enregistré en famille), la pluie qui tombe, sa femme qui pose sa voix sur Feedin' Birds (à la tonalité lynchienne assez marquée je trouve). Pour autant, aucune chanson ne se détache d'elle-même (comme pour l'album), et chacun se fera donc sa propre idée. Le rythme, toujours assez lancinant, lorgne même parfois vers le trip-hop. Et je crois que c'est ça qu'il faut retenir de l'album. Lancinant, rêverie lancinante.
Venom - Gonjasufi

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