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vendredi 9 mars 2012

Héroïsme nocturne #2

Un tel souffle, ne l’ai-je pas puisé au flux des minuits,
pour l’amour de toi, afin que tu vinsses     
un jour ?
Parce que j’espérais apaiser ton visage
par des splendeurs à la force presque intacte,
une fois que dans l’infini de ce que j’en suppose
il reposerait en face du mien.
Sans bruit, de l’espace advenait à mes traits 
afin de suffire au grand regard levé en toi,
mon sang miroitait et s’approfondissait.

Quand à travers la pâle division de l’olivier
la nuit régnait avec plus de force, de toutes ses étoiles,
je me dressais, je me tenais debout et me
renversais en arrière, et recevais la leçon
dont jamais ensuite je n’ai compris qu’elle venait de toi.



Ô quelle forte parole fut semée en moi
pour que si jamais ton sourire advient,
par mon regard je transfère sur toi l’espace du monde.
Mais tu ne viens pas, ou tu viens trop tard.
Jetez-vous, anges, sur ce champ de lin
bleu. Anges, anges, fauchez.


Poèmes à la nuit (extrait) - Rainer Maria Rilke



Tant de nuits - Alain Bashung





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